Bonjour,
J. Lemaitre, dans Les machines à sous, éd. Alternatives (2008), indique que « Paul Béraud est un fabricant de machines à sous, établi à Paris et actif avant la Première Guerre mondiale ».
C’est un peu vite forclore le nom du père car tout commença avec Pierre Béraud, né le 7 mai 1846 à Entraigues-sur-la-Sorgue, Vaucluse, mentionné menuisier en Avignon sur son registre militaire de la classe 1866 (*1)
Il se marie en Avignon le 8 septembre 1869 (*2), avec avec Thérèse VILLEPRAND qui donne naissance à Paul Marius BERAUD le 29 septembre 1870 en Avignon
Le carnet militaire (*3) de son fils Paul indique qu’il est mécanicien sur métaux, habite 44 avenue de la République à Paris en 1894 et rue Rochechouart en 1907. Il est mobilisé pendant toute la première guerre mondiale.
Pierre Béraud reste dans le Vaucluse au moins jusqu’en 1883 pour la naissance de son quatrième enfant, puis monte à Paris avec son fils ainé avant 1894.
A Paris Pierre Béraud fabrique des machines à sous rue Rochechouart dans le 18e dont :
Le Taxi (1905) (*4)
La merveilleuse en 1905 (*5)
Roulette murale. Le jeu inventé par Beraud a été également distribué par Bussoz et Nau. Une pièce de 10 centimes (Napoléon) permet d'actionner la poignée de droite. Il faut alors attendre quelques instants avant d'arrêter l'aiguille avec le bouton du dessus. Si l'arrêt se fait sur un verre le client reçoit un jeton de 2 ou 3 fois la mise.

On retrouve Pierre Béraud, industriel de 64 ans, habitant 5 avenue de Bicêtre à (Kremlin) Bicêtre, comme témoin de mariage (*6) de son neveu Laurent Gensoulen le 2 Juillet 1910, Paris 18e.
Assistent à ce mariage :
- Jean Béraud, 48 ans (°1862), mécanicien habitant 17 rue de Clignancourt Paris 18e.
- Jules Gensoulen, 30 ans, mécanicien, 17 rue Championnet, Paris 18e.
Le témoin Joseph Jules Gensoulen est né à Sorgues le 28 Janvier 1881 (*7). Il est aussi neveu de Pierre Béraud, sa mère étant la sœur de Pierre Béraud. Il est grièvement blessé dès le début de la guerre mais reste mobilisé et travaille en usine d’armement pendant les quatre ans.
Pierre Béraud, cède son entreprise à son fils Paul et se retire comme rentier au 34 avenue Floret à Sorgues (*8) en 1911.
C’est pratique, avec Paul Béraud l’entreprise P. Béraud n’a pas besoin de changer de nom. C’est moins pratique pour dater les jetons …
Paul crée plusieurs machines à sous :
Le Diabolique en 1910 (*9)
Le Magic en 1910 (*9)

La Joconde en 1911 (*10)
Insérez une pièce (de 10 centimes [edit]) dans la couleur choisie, tirez sur la poignée et si la roulette s'arrête sur la couleur choisie vous gagnez un jeton correspondant à la valeur indiqué sur la roulette.

En 1921, Paul Béraud ouvre un nouvel établissement rue de Dunkerque dans le 9e. (*11)
En 1925 (*12), Ch. Martin et Jules Gensoulen reprennent l’entreprise.
Puis en 1927, les deux entreprises se séparent avec Jules Gensoulen qui garde, dans l’établissement historique rue Rochechouart, la licence pour les chemins de fer (*13)
Et Ch. Martin pour d'autres machines à sous rue de Dunkerque (*14):
Etablissement qui sera absorbé par Bignell en 1930 (*15)
Bignell, célèbre constructeur notamment du «The Jackpot» dont un jeton sur Numista peut lui être attribué :
Justement, concernant les jetons, P. Béraud émit plusieurs jetons sous sa marque, listés sur Numista (*16) et ailleurs (*17)

Et son successeur Ch. Martin pourrait bien en avoir fait de même :

Et on pourra surtout attribuer les cinq jetons JG de Numista (*18) et d’autres (*19) au neveu (et aussi cousin pour ceux qui ont suivi).

(*1) [AD84 R 1127] - Avignon - Registres matricules 1867 – Classe 1866
(*2) AD Avignon 1869 - Mariages page 337
(*3) [AD84 R 1205] - Avignon - Registres matricules 1892 – Classe 1891
(*4) Arcadia: Slot Machines of Europe and America - Jean-Claude Baudot (1988) – page 40

(*5) ivoire-france.com
(*6) Acte de mariage 1637 Paris 18
(*7) [AD84 R 1260] - Avignon - Registres matricules 1902 – Classe 1901
(*8) Recensements - Sorgues, 1911
(*9) Automatic Pleasures - Nic Costa (1998) – page 124

(*10) http://lastcenturygames.free.fr/R9.html
(*11) Béraud - Annuaire du commerce Didot-Bottin – 1921
(*12) Béraud - Annuaire du commerce Didot-Bottin – 1925
(*13) Jules Gensoulen - Annuaire du commerce Didot-Bottin – 1927
(*14) Ch. Martin - Annuaire du commerce Didot-Bottin – 1927
(*15) Ch. Martin / Bignell - Annuaire du commerce Didot-Bottin – 1930
(*16) Catalogue Numista – Béraud
(*17) identification-numismatique.com – 10 centimes – P.Béraud (Ni. plated brass)
(*18) Catalogue Numista – JG
(*19) Wikicollection – JG








