Je citerai seulement l’influence considérable qu’il a eu sur l’univers du cinéma par ses prophéties apocalyptiques et les cauchemars « lynchiens » qui ne furent pas seulement limités au monde du fantastique façon Elephant Man mais débordèrent sur l’ensemble du cinéma.
Au début du Mulholland Drive, une jeune femme blonde arrive à Los Angeles en avion, avec des étoiles dans les yeux. Au début de Maps to the stars, une jeune femme blonde arrive à L.A. en car, avec de la haine dans le regard. En citant le film de Lynch qui partait des vestiges du rêve hollywoodien, celui de Cronenberg part directement de son envers monstrueux.
Dans Dune, souvent décrié car un seul film ne pouvait pas embrasser la démesure de cette saga, on comprend ce qui a enthousiasmé Lynch : la possibilité de créer tout un univers particulier, avec son langage et sa logique, comme il y parviendra avec Twin Peaks.
Il y a bien sûr des parenthèses, dans Une histoire vraie, il filme ici en peintre, cheminant sur les traces des pionniers, du western. Son film est simple comme bonjour. Mais, du sentimental au sentimentalisme, la frontière est parfois mince.
C’est bien dans le fantastique qu’il s’épanouit le plus. Dans Lost Highway , de la peur suggérée, on passe aux sensations martelées. La machine s'emballe à coups d'images chocs aussitôt effacées, sur fond de rock hardcore. Comme si le cinéaste sabordait lui-même un grand film en puissance. Et cet univers expressionniste et bigarré de Blue Velvet qui donne une certaine idée de l’enfer, douleur et séduction mêlées…
Mais si je retiens un seul de ses films, c’est bien Sailor et Lula, version trash de Roméo et Juliette au pays du magicien d’Oz, et quels acteurs !